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CDFD - 28/04/2010 : intervention d 'ouverture
 CDFD du 28 avril 2010

Intervention d'ouverture

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La période dans laquelle nous tenons ce CDFD voit les salariés, les personnels et les militants s'interroger sur leur avenir, celui de leurs professions en pleine évolution, de leurs retraites présentées comme un problème, des effets de la crise sur les populations, leur état d'esprit, sur  l'emploi et sur l'état des finances du pays comme celles des autres partenaires européens qui nécessite des coupes sombres annoncées plus importantes encore que celles déjà réalisées sur les services publics et la protection sociale, et sur leur capacité d'action d'agir dans le cadre d'une unité syndicale fragile et instable.

Autant dire qu'il faudrait du coup être armé d'une sacré dose d'optimisme pour trouver dans ce tableau une perspective qui nous sorte de l'assomoir dans lequel on souhaite nous enfermer.

Il ne faut pas négliger les coups de boutoirs que reçoivent nos collègues au quotidien et qui les fait regarder les crises grecques et islandaises et la spéculation dont ces pays font l'objet comme des propédeutiques possibles de faillites en dominos de l'ensemble des pays européens puisqu'il est avéré que l'Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni et d'autres connaissent de graves difficultés financières.

Il ne faut pas négliger la campagne de communication engagée par le gouvernement autour du dossier des retraites pour asséner qu'il n'est d'autres voies pour les sauver que de travailler plus longtemps et plus âgé.

Il ne faut pas négliger les effets de la fermeté, de l'effet d'inertie et de l'utilisation de la division syndicale avec lesquels le patronat et le gouvernement répondent aux actions syndicales.  La grève des cheminots en avril pendant une quinzaine de jours et celle contre la réforme des lycées dans l'Education pendant plusieurs semaines par exemple doivent nous interpeller quand on voit les difficultés que nous avons à obtenir la participation majoritaire des personnels.

Pourtant, on ne peut que constater que du côté du gouvernement et du Président de la République ce n'est pas non plus la grande forme. Il y a un affichage dans lequel la poursuite des réformes est claironnée. Il y a surtout un affolement au vu de l'état d'esprit des français que l'on peut mesurer aussi bien aux résultats des élections régionales, qu'à la multitude de conflits sociaux engagés, qu'aux chiffres très faibles d'opinions favorables dont l'exécutif est crédité mais également aux propos dénonicateurs en provenance de la majorité parlementaire qui voit les anciens premiers ministres, le médiateurs de la République, d'anciens ministres, des députés, des sénateurs s'inquiéter qui de l'explosion des inégalités, de l'exaspération des français, des fonctionnaires, de la situation des services publics, de l'Education Nationale,... voire de l'incapacité de Nicolas Sarkozy de se représenter en 2012 et en tout cas de l'épuisement du désir de réformes et de ruptures qui avait été un moteur de son élection.

Bien sûr tout le monde ne fait pas la même analyse de ce qui conduit à cet état d'exaspération.

Nicolas Sarkozy semble avoir fait le choix de conserver un ton attractif pour une partie de son électorat de 2007 qui semble l'avoir quitté pour se réfugier dans l'abstention ou le vote Front National. Cela donne par exemple le projet de loi sur la burqua, la suppression des allocations familiales et les deux à la fois agrémenté de polygamie pour les bons élèves du gouvernement comme Hortefeux ou encore les annonces sécuritaires à la fin des Etats généraux sur la violence à l'école en totale contradiction avec le contenu des travaux.

Mais il y a sur un autre versant une recherche d'adresser un message d'apaisement lorsque est évoqué "un prélèvement spécifique sur une catégorie de la population" pour paraphraser une brèche dans le bouclier fiscal en vue de faire un geste redistributif, ou encore l'annonce du Président de la République de la création d’une aide exceptionnelle destinée aux chômeurs en fins de droits, idem lorsque Woerth laisse entendre sur le  sujet des retraites que la question  des 6 derniers mois pourrait ne pas être sur la table, des propos à cumuler avec ceux de Sarkozy qui, en mars, regrettait que les difficultés des fonctionnaires soient méconnues, leurs compétences insuffisamment respectées.

C'est dans ce cadre qu'il faut ranger les reprises intempestives des calendriers de mise en oeuvre aussi bien du dialogue social avec la promulgation de la loi dans les semaines à venir, de la revalorisation des débuts de carrière des enseignants, comme de la mise en oeuvre en mai de divers chantiers dans la Fonction Publique concernant par exemple  les salaires, les non titulaires.

Tous ces bougés, même s'ils sont très loin d'être satisfaisants montrent que nos actions, nos luttes en particulier lorsqu'elles sont unitaires ne sont pas sans effet ni sur le gouvernement et le parlement ni sur la population, ce qui valide notre stratégie de toujours chercher à s'associer l'opinion publique. Mais nous avons encore fort à faire aussi bien contre les suppressions massives d'emplois dans la Fonction Publique où il est attendu que la territoriale et les agences prennent le relais de l'Etat, que sur les salaires, la RGPP, les réformes dans l'Education et la petite enfance, à la Justice, dans la santé mais aussi sur les questions de libertés.

Et puis il y a le dossier des retraites qui chaque jour prend une place de plus en plus importante avec un calendrier intenable et le refus du gouvernement de dévoiler ses batteries. Nous avons prévu de faire un point spécifique de nos travaux de ce jour sur la question des retraites que présentera Gilbert Jean.

Il nous faut donc interroger notre stratégie syndicale dans cette période et pour les mois à venir.

- Nous avons fait le choix de mener conjointement les actions professionnelles et les initiatives interprofessionnelles.

- Si nous sommes plutôt à l’initiative sur le champ professionnel et travaillons à la convergence public/privé pour l’interprofessionnel, devant les difficultés à mener une lutte spécifique Fonction Publique, nous avons fait le choix de privilégier le cadre unitaire, même si selon l'initiative en cours l'unité peut-être à géométrie variable.

- Nous avons fait le choix de modalités d'action diversifiées, inscrites dans la durée et qui doivent se construire en recherchant son amplification.

Cette stratégie doit s'accompagner d'un gros travail de mobilisation, d'information et d'émergence d'alternatives. L'ensemble des dossiers professionnels et interprofessionnels doivent y être travaillés. Celui des retraites y est incontournable et la FSU 13 doit l'organiser, comme cela est engagé par la section locale d'Arles.

Les organisations syndicales se sont rencontrées lundi soir sur le plan national. Nous en avons fait de même il y a quelques minutes sur le plan départemental.

Sur le plan national, vous savez que le G8 de l’an dernier est devenu un G5 (CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires) et selon les circonstances un G5,5. FO fait cavalier seul et ne souhaite entrer dans aucune forme d’unité tant qu’il ne sera pas decidé une journée de grève générale. La CGC et la CFTC faisant des allers-venues selon les sujets. La rencontre du G5 du 26 avril, avec la CGC en observateur, a réaffirmé l’importance du 1er mai et de la dimension unitaire du cadre de réflexion, par exemple sur les retraites où une un corpus revendicatif commun est en cours d’élaboration, et d’action, la nécessité de maintenir le convergence public/privé et la responsabilité qui pèse dans la période, avec le débat majeur sur les retraites, sur le mouvement syndical. Les differences d’approche entre organisations n’ont pas permis qu’une date pour une initiative soit annoncée dès le mois d’avril. Une nouvelle reunion est programmée pour le 6 mai. La FSU, tout comme la CGT et Solidaires ont fait savoir qu’elles souhaitent qu’il s’en dégage la décision unitaire d’une action au mois de mai.

Au niveau départemental, les UD se sont réunies dans la foulée des initiatives du 20 avril dans la les locaux de la CFDT et aujourd’hui encore dans ceux de la FSU. Nous avons y avons réaffirmé notre souhait d’une action nationale unitaire en mai et évoqué la possibilité d’une action départementale dans le cas où il n’y aurait pas de décision nationale. Nous vous sommettons cette proposition comme celle que nous avons formulé pour la prise en charge par les UD de l’organisation d’un débat public des sur la question des retraites comme élément de mobilisation, ce qui signifie qu’il devrait s’agir d’une initiative de masse. Nous nous retrouvons le 7 mai pour décider à la suite des débats dans nos instances respectives et à la lumière des décisions nationales de la veille.

Il y a encore d'autres initiatives qui vont au-delà du champ syndical et qui concernent le dossier des retraites : celle d'un texte d'appel de la jeunesse initié par l'UNEF et la pétition d'ATTAC et de la fondation Copernic qui donne lieu à des meeting associant aussi bien des syndicalistes que des représentants de partis politiques ou d'associations, à laquelle la FSU 13 s'associe comme la CGT 13.

Sur le plan local, enfin il nous faudra mettre en place un travail collectif de nos syndicats de l'Education autour du plan d'urgence que nous avons décidé lors de notre congrès départemental et l'agencer avec le calendrier local et national engagé par le SNES autour de ce projet. Comme il nous faut organiser la journée du 20 sur la question de la formation des maîtres.

Reste qu’il y a devant nous le rendez-vous immédiat du 1er mai. Il sera décentralisé en 7 lieux pour notre département. Cela peut favoriser une participation de proximité. Mais il nous faut agir dans les quelques jours qui restent pour que le rendez-vous marseillais conserve une importance remarquable même si le calendrier ne nous est pas favorable.


Date de création : 29/04/2010 - 12:33
Dernière modification : 29/04/2010 - 12:38
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