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Congrès de la FSU - Les textes adoptés au congrès départemental - Texte action : volet départemental
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FSU 13 - Congrès de Salon - 20 et 25 janvier 2010

Texte action (volet local)

 

 

Bouches du Rhône, un territoire qui peut bousculer l'avenir

Les Bouches-du-Rhône au confluent de la Méditerranée et du Rhône ont vu leur histoire humaine et économique influencée par ces deux frontières qui ouvraient sur d'autres mondes. A l'échelle locale, les villes capitales (Arles, Aix, Marseille) ont marqué ce territoire et le marquent encore aujourd'hui par leur taille et leur proximité.

L'émergence de la grande industrie sur ce territoire est en partie liée à son positionnement géographique, aux espaces existants ainsi qu'à la volonté politique d'un État aménageur : chimie et pétro-chimie, sidérurgie, aéronautique, construction et réparation navale, micro-électronique, nucléaire. Ces industries sont portées par de très grands établissements appartenant à des sociétés mondiales : les décisions qui y sont prises le sont sans considération des préoccupations locales, ce qui rend leur avenir incertain.

Toutefois l'économie départementale ne se résume pas au poids de l'industrie qui représente moins de 15% de la richesse créée. Avec plus de 79% de la valeur ajoutée, les activités de services, marchands et non-marchands y sont plus importantes.

Sur plus de 700 000 salariés (privé+public), les services représentent prés de 500 000 emplois dans des secteurs diversifiés : recherche, transports, services rendus aux entreprises, santé.... alors que l'industrie n'en recouvre qu'environ 80 000.

 

Le nombre de salariés est toutefois à mettre en regard avec le nombre de chômeurs toujours préoccupant dans le département, d'autant qu'une large partie de ceux-ci sont peu qualifiés.

La place importante réservée au secteur tertiaire, montre bien qu'après le boum industriel des années 70 avec l'implantation du complexe de Fos et la construction de villes nouvelles, nous sommes entrés dans une nouvelles période économique marquée par la rationalisation des coûts, en particulier ceux inhérents à la main-d'œuvre. Les vingt années récentes ont imprimé la marque des conversions, restructurations, fermetures de sites et licenciements, en particulier dans l'industrie (construction navale, sidérurgie, chimie, agro-alimentaire, etc.), mais aussi le développement de certains secteur comme les transports de marchandises et de voyageurs, la logistique, les grandes surfaces qui ont démultiplié les commerces et les déplacements.

Ces secteurs émergents ou en développement signent cette période de reconversion non achevée à ce jour, ne serait que parce que la mondialisation et les nouvelles technologies pèsent sur certains secteurs, comme par exemple sur le trafic portuaire et sa réorganisation autour des containers et de ce qu'ils induisent comme réorganisation de l'espace et des entreprises.

Aujourd'hui, de nouveaux lieux de production émergent en lien avec les pôles de compétitivité, les PRIDES, ITER. Marseille capitale européenne de la culture en 2013 devrait aussi être le catalyseur de nouvelles activités liées à la culture dans toutes ses dimensions, une véritable orientation publique dans ce domaine est nécessaire.

 Un rôle dynamique au sein du processus de l'Union Pour la Méditerranée dans le cadre régional doit être également porté.

 

Ce contexte riche de nouvelles opportunités doit être l'occasion pour notre département d'entrer dans une nouvelle forme de développement en relation avec le développement de la formation et de la recherche.

Beaucoup de ces activités nouvelles nécessitent en effet des emplois qualifiés et hautement qualifiés. Aussi à l'opposé des projets actuels nationaux, la démocratisation de l'enseignement et en particulier, le développement de l'enseignement supérieur et de la recherche sont une nécessité . Les centres de recherche existant dans ce territoire, dans les universités, au CNRS comme à l'INSERM mais aussi dans les grands groupes privés, dans des domaines aussi divers que la physique, la chimie, les biotechnologies, la micro-électronique, les sciences humaines, représentent un potentiel pour asseoir le développement d'une société de la connaissance dont un des fondements doit être pour la FSU la démocratie. Il s'agit de la démocratisation de l'accès aux études et aux qualifications des jeunes et des adultes. Il s'agit du développement de la recherche dans les différents domaines sans subordination à des impératifs définis localement à court terme. Il s'agit enfin de mettre en place une université Aix-Marseille dont le fonctionnement soit démocratique (à l'opposé de l'actuel projet). Il s'agit plus largement encore que citoyens et salariés soient partie prenante de toutes les transformations en cours.

 

Une métropôle, un département

Enfin, il convient de s'interroger sur le rôle que pourrait jouer la constitution d'une métropole. et des moyens à mettre en oeuvre pour s'opposer et faire échec à la politique sarkozyste sur ce dossier : concurrence , compétitivité, substitution aux collectivités démocratiquement élues…entre métropoles

Les préalables à la constitution d'une métropôle doivent être de favoriser les liens, les rencontres et la qualité de vie, développer les infrastructures, les réseaux des transports et leur attractivité, respecter les cadres de vie, oeuvrer à ce que le développement urbain corresponde à un développement économique qui mutualise les moyens financiers, la recherche d'une attractivité aussi bien économique que culturelle, favoriser la qualité de l'environnement et un urbanisme HQE, développe les logements sociaux et intermédiaire, fédère la collecte des déchets, s'inscrire dans un cadre global qui prévienne les risques de relégations entre les territoires et les populations, assure les productions et l'agriculture de proximité, s'inscrire dans le respect des collectivités de base, assurer une démocratie représentative et une élection au suffrage universel, un dialogue social et des instances participatives, des services publics pour l'ensemble de la population et inscrire la métropôle en carrefour méditerranéen et rhôdanien.

Cela nécessitera une mobilisation des personnels, des élus et de la population à laquelle la FSU doit participer en y favorisant également la prise en charge syndicale unitaire.

Dans ce sens et pour l'ensemble du département la FSU doit oeuvrer pour obtenir des avancées locales :

- développer l'accès internet haut débit y compris avec fibre optique jusqu'au domicile

- développer les équipements sportifs et culturels

- construire de nouvelles résidence universitaires : construire de vrais campus universitaires ( résidences mais aussi équipements sportifs, culturels, etc.)

- intégrer les étudiants en centre ville et assurer des moyens de transports adaptés

- assurer le développement des liaisons interurbaine et des quartiers périphériques entre eux

- assurer le développement de services aux personnes âgées

- assurer le développement de la prise en charge de la petite enfance

- assurer et développer l'action sociale

- obtenir l'abandon de l'incinérateur de Fos-sur-Mer pour lui substituer un choix de tri sélectif/métanisation-compostage

- assurer des créations d'emplois dans les Services Publics pour répondre aux besoins de la population

- participer aux luttes unitaires locales contre les licenciements

- harmoniser par le haut des régimes indemnitaires des agents des collectivités locales et des fonctionnaires

- pérenniser le tissu industriel aujourd'hui menacé (pétrochimie, métallurgie à Fos) et plus particulièrement dans le domaine des hautes technologies (ZI de Peynier-Rousset) et de la production d'énergie (centrale de Gardanne à moderniser).

 

La FSU soucieuse d'environnement durable intègre cette préoccupation transversale aux différents niveaux de ses interventions (eau, énergie, collecte des déchets, transport, construction et réalisation scolaires,...)


 

Les questions d'éducation

Dans le département des Bouches-du-Rhône, où un tiers des écoles et établissement relève de l'éducation prioritaire, les décisions prises par le ministère de l'Education Nationale (suppressions de postes, réformes en cours, développement de la précarité, réforme des missions, rédéfinition brutale des programmes) met notre service public d'éducation en grande difficulté.

Les dizaines de milliers de suppressions de postes sur le plan national, les milliers dans notre académie et notre département fragilisent l'école publique. Le cumul des suppressions d'emplois depuis 2002 pose aujourd'hui de vrais problèmes de fonctionnement notamment dans le second degré avec une baisse de l'offre de formation et d'énormes difficultés quant au remplacement et la casse du dispositif RASED.

La situation économique et sociale a pour conséquence le renforcement de ghettos sociaux, d'écoles de la relégation, tendances que les possibilités de dérogations à la carte scolaire et la concurrence avec le privé renforcent et que la FSU exerce une vigilance aux regards des principes républicains et la laïcité qui l'anime et réaffirme son attachement à la notion de Carte Scolaire et à son amélioration.

 

Ces situations appellent à la mise en place d'un plan d'urgence pour rattraper le retard scolaire et social que nous connaissons en terme de

- scolarisation des plus jeunes, les deux trois ans, notamment dans les familles socialement et culturellement défavorisées. Ce taux de scolarisation a tendance à baisser au moment où il faudrait inciter les familles issues des zones relevant de l'éducation prioritaire à confier leurs enfants à l'école publique,

- rétablissement et le renforcement des RASED comme facteur d'aide aux situations de difficultés des élèves

- de taux d'accès d'une classe d'âge aux différents examens du second degré (brevet des collèges, baccalauréat général technologique et professionnel). Il existe plusieurs points d'écart entre les moyennes nationales et départementales

 

Il est également nécessaire de répondre aux nouveaux enjeux de la scolarisation des jeunes en situation de handicap. La FSU est très attentive au développement de la précarité qui n'est ni une solution pour les personnels, ni une solution pour les élèves et leurs familles. Précarité qui se développe chez les enseignants contractuels et aussi chez les personnels embauchés sous statut d' AED, CAE, CAV et CUI. La question du manque important d'AVS et la tentation de recourir à des emplois de droit privé pour pallier à cette carence est illustratif de ce qu'il ne faut pas faire.

L'état doit réinvestir dans la création massive de postes, la création de nouveaux cadres d'emplois correspondant à de nouveaux métiers.

La FSU s'engage auprès des autres partenaires pour l'organisation et la réussite d'un colloque sur la scolarisation des enfants handicapés dans notre département au printemps et prépare une initiative pour la fin d'année.

 

Pour la FSU, la question de la sectorisation des écoles primaires et maternelles de Marseille doit être tranchée favorablement. La deuxième ville de France ne peut ignorer la loi.

 

Pour le second degré et les collèges en particulier, il faudra s'atteler à réduire les effectifs trop nombreux dans les classes, à développer nombre de formation demandées par les familles qui ne sont pas satisfaites fautes de moyens, à veiller à ce que l'accompagnement éducatif ne soit le cheval de Troie de la dérèglementation et de la dilution des programmes dans un ensemble d'animations socio-culturelles.

Les projets Chatel veulent introduire une rupture dans la gestion des EPLE : remplacer une certaine forme de démocratie avec des représentants élus par une gestion autoritaire du chef d'établissement. En matière de formation il s'agit ni plus ni moins que de confier au local le pilotage du système et de remettre en cause de fait le cadrage national des formations, donc l'existence à terme du baccalauréat comme diplôme national premier grade universitaire.

Trop de jeunes n'arrivent déjà pas au lycée. Les projets de Chatel ne feront qu'aggraver la situation.

Les Vies scolaires sont en difficultés du fait de la diminution du recrutement de CPE du nombre insuffisant de surveillants. La mise en place « d'Equipes Mobiles de Sécurité » task force du maintien de l'ordre dans les établissements, nous inquiète au plus haut point. Nous voyons là un glissements dangereux de l'éducatif vers le tout répressif. La FSU demande qu'il soit fait machine arrière et de conforter les équipes éducatives.

Il en est de même pour le service public d'information et d'orientation  frontalement attaqué par le rapport Hirsch et le non remplacement de  5 COPSY/6 partant à la retraite.

 

 

La fusion des universités d'Aix-Marseille est maintenant programmée pour le 1er janvier 2012. Les structures, les formations, les personnels existants, les laboratoires de recherche, les chercheurs, les étudiants ont déjà acquis un niveau international, qu’il faut renforcer, diversifier, ancrer dans la réalité d’une société de la connaissance naissante. Coopérations, réductions des inégalités, notamment territoriales devraient en être les mots forts, les critères pour une nouvelle structure. La mise en commun des moyens, des équipes, pourrait être une force extraordinaire pour la réalisation de projets scientifiques essentiels au développement humain, au développement social, au développement de la connaissance, pour la construction d’un lieu de formation de travailleurs, de citoyens, d’hommes et de femmes riches des cultures de leur temps, au service de et intégrés dans une société démocratique. Or, les textes récemment adoptés concernant la structuration politique, l’administration et  la gestion du futur établissement comme celui intitulé « principes fondateurs d’une université unique » orientent la construction de l’université unique vers un pilotage centralisé et bureaucratique, usant de tous les pouvoirs désormais dévolus au Président  par la loi LRU et les décrets afférents, au mépris d’une véritable vie démocratique et collégiale,  vers une dépendance de  la recherche tant de critères de rentabilité que d’évaluations d’ »experts » fondées sur la notion de performance, vers la soumission de la formation au seul but de l’insertion professionnelle. La communauté universitaire, très insuffisamment associée à l’élaboration des projets, a manifesté sa grande inquiétude devant la perspective d’une université se plaçant délibérément dans des logiques de concurrence, en interne comme vis-à-vis des autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche.  La FSU et ses syndicats ont joué un rôle majeur dans l’information de la communauté et la dénonciation de la marche forcée qui a conduit les  conseils d’administration des 3 universités d’Aix-Marseille  adopter le texte intitulé «Principes  fondateurs  d’une  université  unique  ». Ils continueront à intervenir dans les futures étapes : élaboration des statuts, contrat quadriennal, utilisation du grand emprunt notamment, en portant des propositions fondées sur des objectifs de démocratisation de l’enseignement supérieur, de vie démocratique, de liberté scientifique et académique, et de dialogue avec les forces sociales, économiques, intéressées par le développement de l’ESR dans la région

La FSU et ses syndicats ont dénoncé la marche forcée. La FSU et ses syndicats interviendront lors de l'élaboration des statuts, le contrat quadriennal et la  candidature au grand emprunt.


Date de création : 26/01/2010 - 13:44
Dernière modification : 11/08/2010 - 16:41
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