Assises du lycée à Marseille : Vers un lycée de la réussite pour tous
Organisées par le SNES et le SNEP, les Assises "Vers un lycée de la réussite pour tous" se sont tenues à Marseille à la mi-février en présence de 80 personnes et des représentants invités de la FCPE, de l'UNEF et de la FIDL.
Dans le contexte du report de la réforme à la rentrée 2010, du peu d'entrain des chefs d'établissements à mener la consultation pourtant promise par le Ministre, et du congrès approchant du SNES, l’ambition des syndicats du second degré de la FSU était de s’emparer de ce débat et de faire émerger des pistes concrètes pour une réforme qui permette une nouvelle étape de démocratisation de l'accès aux savoirs et aux qualifications.
"Faire de la Seconde un pallier vers la réussite" ; "Défendre l’égale dignité des trois voies du lycée : professionnelle, technologique et générale" ; "Construire une culture commune en diversifiant les enseignements : les séries" ; "Travailler au lycée" : la complexité des enjeux apparaît vite dès lors qu'on fait des propositions concrètes, et si sur l'essentiel l'accord se fait aisément, les débats restent vifs. Ce qui s'impose, c'est d'abord la nécessité de penser la réforme de façon globale, à rebours de la méthode de Darcos : on ne peut repenser la Seconde sans repenser les séries et les trois voies, ni celles-ci sans repenser le baccalauréat.
Pour la classe de Seconde, où le taux d'échec est important, la réduction des effectifs (30 et 25 en ZEP ?), le travail en groupe, la rémédiation, l'augmentation du volume horaire de Lettres s'imposent. Mais faut-il accepter que certains enseignements soient semestrialisés pour permettre une plus large palette de découverte ou faut-il privilégier la stabilité et l'approfondissement des disciplines enseignées ?
Les séries sont confrontées à des problèmes divers : survalorisation de la série S, attaques de la série ES, effondrement des effectifs de la série L, séries technologiques menacées par la réforme du bac pro 3 ans, ... Il faut rééquilibrer les séries. Une modification du système de compensation des disciplines au baccalauréat pourrait-elle stimuler davantage les élèves dans les enseignements généraux, ou faut-il augmenter le volume horaire de ces enseignements ? La Série L retrouverait-elle sa vitalité si elle était plus généraliste, avec notamment un enseignement de mathématiques, et si elle était divisée en sous-séries mieux identifiées ? Pour certaines disciplines générales, et selon les séries, ne faut-il pas privilégier un horaire lourd sur un an avec une épreuve anticipée plutôt qu'un saupoudrage sur deux ans ? L'introduction d'enseignements complémentaires, permettant aux élèves d'une série d'étudier des disciplines qui relèvent d'une autre série (économie pour des S ou des L par exemple) pourrait-elle redonner du sens et du goût à l'étude aux élèves, tout en facilitant les réorientations éventuelles ? Faut-il introduire de nouveaux enseignements, ou rénover les programmes afin de répondre davantage aux attentes des élèves et aux besoins sociaux ?
Sur les conditions dans lesquelles les enseignants du second degré travaillent, l'accord se fait aisément : l'accueil d'élèves dont les conditions de vie ne sont pas aisément compatibles avec une scolariation sereine, les effectifs trop chargés, la multiplication des réunions et des injonctions de l'administration accroissent la charge de travail et la difficulté de notre métier. Il faut obtenir la réduction de notre temps de travail et en même temps la mise en place de moments institutionnels, dans le temps de service, qui permettent le travail en équipe pédagogique et pluricatégorielle. Il faut aussi défendre la présence de personnels statutaires à tous les niveaux et faire reconnaître l'importance de la formation professionnelle initiale et continue, élèver le niveau de qualification et de formation des enseignants pour répondre à la fois à l'urgence d'une revalorisation de nos carrières et au défi d'une nouvelle étape de démocratisation.
Autant de chantiers, de problèmes, de pistes qu'il nous faut porter dans nos établissements, mettre en débat ouvertement avec nos collègues mais aussi avec les parents et les lycéens. Autant de questions et de prises de positions qui seront centrales dans les travaux des congrès du SNES prévus en mars.
Février/Mars 2009