Absentéisme et violence scolaires
Une étude confirme les écarts
Selon une étude réalisée par les services de l'IA 13 à partir des fiches remontant des établissements
et consacrée aux violences et à l'absentéisme dans les écoles et les collèges des BDR, les incidents en milieu scolaire seraient en recul constant depuis 5 ans.
C'est ainsi qu'en ce qui concerne l'année 2007/2008 les phénomènes de violence ont diminué de 16% par rapport à l'année précédente, et que cette même année scolaire se situe à 24,6% en dessous de la moyenne des signalements reçus depuis 10 ans.
L'année dernière le nombre de fiches signalant des violences est moins important et la part des incidents graves a diminué également passant de 29,5 à 25%, même s'il faut noter une augmentation forte en école élémentaire (+16% sur 5 ans) et une baisse en collège (– 9% sur 5 ans). De même, l'absentéisme a globalement diminué depuis 2005/2006.
A un moment où la presse se fait régulièrement l'écho d'incidents plus ou moins graves et où nos collègues vivent au quotidien des situations de conflits qui dérapent trop souvent, ces chiffres, que nous ne contestons pas, appellent cependant quelques remarques.
Tout d'abord il convient d'observer que la statistique de la violence en milieu scolaire est étroitement liée à son signalement : c'est ainsi qu'une relance de la signalisation en 2003 s'est traduite immédiatement par une augmentation de 20% des actes de violence. A contrario, on peut estimer qu'il y a dans nos établissements une banalisation des incivilités et des violences qui minimise l'importance du phénomène. Trop souvent nos collègues se plaignent des incidents classés sans suite par l'administration.
Ensuite, dans ce contexte de baisse il faut observer que les violences les plus graves ( atteintes aux personnes) ou les absentéismes les plus lourds ( + de 40 demi journées/an) sont en augmentation et s'enkystent à leur niveau le plus élevé et dans un nombre restreint d'établissements.
Tout se passe comme si des évolutions de sens contraire isolaient des fractions de territoires et de publics scolaires qui concentrent toutes les difficultés et que, à leur façon, ces chiffres finissaient par dire ce que dénoncent nos collègues : que les inégalités se creusent et qu'une école à deux vitesses est d'ores et déjà en place.
Raisons de plus pour ne pas relâcher les efforts sur le terrain, maintenir et renforcer partout où c'est nécessaire les potentiels et les postes et revendiquer haut et fort le retour à la priorité pour l'éducation et l'encadrement des jeunes.
SNES
Violence, absentéisme et médiation scolaire: questions complexes, réponse simpliste.
Bien qu'utilisés couramment, les termes d'absentéisme et de violence ne font pas référence à des concepts ou à des réalités simples. L'identification des causes, la recherche des solutions, l'encadrement et le suivi des élèves concernés ne peuvent relever que de professionnels qualifiés et formés, travaillant en équipes pluridisciplinaires. A ce titre, la réponse simpliste du gouvernement, la mise en place d'un corps de médiateurs de réussite scolaire dans le second degré (222 prévus dans les Bouches-du-Rhône), traduit à la fois la méconnaisance du terrain et le mépris vis à vis des catégories de personnels plus particulièrement en charge de ces problèmes (CPE,assistants d'éducation, MI-SE, Assistantes sociales, infirmières...).
Une réflexion et un travail transversal sur ces questions réunissant CPE, AS etc.. est en cours au sein de la FSU.
Les personnels du second degré, enseignants et non enseignants, sont confrontés quotidiennement à ces problèmes, mais, avec leurs syndicats, ils refusent les fausses solutions du Ministre. Ce n'est pas en recourant à des personnels précaires et que l'on met en difficulté qu'on pourra renforcer l'accueil, la sécurité et l'assiduité de nos élèves.
SNUASFP
Pour les Assistants sociaux, il faut des moyens scolaires supplémentaires, diversifier les offres d'enseignement, augmenter les effectifs de personnels, enseignants, AS, CPE, COPSY.
La violence en milieu scolaire, tout comme l'absenteisme,ou les conduites addictives, sont de toute evidence le reflet d'un malvivre des adolescents.
Pourquoi, ce mal être ? Nous savons tous que l'adolescence fragilise celui qui, hier encore, dans sa candeur, se laissait bercer par la découverte du monde. Si nous, appréhendons les phénoménes de violence et l'analyse statistique que les services du ministère nous font parvenir, chaque année pour observer le comportement des adolescents à "risques" dans les colléges et les lycées de certaines zones, il apparait, aux assistants sociaux scolaires que les incidents qui se déroulent dans les établissements scolaires qu'ils soient stables ou en augmentation, sont de plus en plus graves et impliquent des enfants de plus en plus jeunes.
Dans les quartiers de relégation sociale, où cohabitent, depuis des décennies, des populations dans la précarité où le modéle social est le chômage , où les enfants sont les seuls à se lever le matin, où les familles ont de plus en plus de mal à donner des repéres à leurs enfants, le collége devient un ennemi qu'il faut abattre.
L'adolescent, lucide, sur les exigences scolaires qu'il est dans l'impossibilité d'acquérir, puisque les inégalités se creusent et qu'une école à deux vitesses est en place, préfère se marginaliser et adopter des attitudes répréhensibles, en se mettant en danger.
Pour le SNUASFP, il faut des moyens scolaires supplémentaires, diversifier les offres d'enseignement, augmenter les effectifs de personnels, enseignants, AS, CPE, COPSY.
Renforcer les heures d'enseignement, dans les disciplines fondamentales, surtout dans le premier degré, et aider les élèves à surmonter leurs difficultés, afin de compenser l'absence d'investissement scolaire des familles.
Favoriser le lien social, à l'interieur de ces territoires, et remobiliser les familles, par des aides à la parentalité .
Pour que ces objectifs se réalisent, il faut revendiquer haut et fort le retour à la priorité pour l'education et l'encadrement des jeunes et l'accompagnement des familles.
Avril/Mai 2009